
Martin Juneau, M.D., FRCP
Cardiologue Directeur de la prévention Institut de Cardiologie de Montréal
Professeur agrégé de clinique
Faculté de médecine
Université de Montréal
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14 janv. 2011
Intérêt et avantages de l'exercice intermittent
Par définition, le terme « intermittent » désigne ce qui s’arrête et qui reprend par intervalles (Dictionnaire le Petit Robert, 2002). L’exercice intermittent repose donc sur la répétition de périodes d’exercices intenses entrecoupées de périodes de récupération passive (arrêt complet de l’effort) ou récupération active (exercice à faible intensité). Dès les années 1930, l’exercice intermittent a été à l’origine développé par un cardiologue allemand Hans Reindell pour l’utiliser dans les programmes de réadaptation cardiaque.
Par la suite, cette méthode d’entraînement a été transférée dans le milieu sportif pour entraîner les athlètes.Les champions olympiques de demi-fond et de fond comme l’allemand Rudolf Harbig (800 m), le finlandais Paavo Nurmi (1500 à 10000 mètres) et plus tard le tchèque Emil Zatopek (5000 mètres à 20 km) avaient bien compris l'intérêt l’entraînement intermittent.
Dans le domaine de la réadaptation cardiaque, les travaux de Katarina Meyer chez les patients cardiaques font figure de précurseurs au début des années 1990. L’intérêt de l’entraînement intermittent pour les patients cardiaques ou les patients avec facteurs de risques cardiovasculaires (obèsité, hypertension, syndrome métabolique) ont depuis les années 2000 connus un grand regain d’intérêt avec de plus en plus de travaux de recherche portant sur cette méthode d’entraînement. Le principal intérêt de l’exercice intermittent est qu’il permet de maintenir une intensité d’exercice élevée beaucoup plus longtemps que lors d’un exercice continu. Il est ainsi possible de travailler 15 à 30 minutes proches de sa capacité aérobie maximale alors qu’en exercice continu, il serait possible de travailler juste 4 à 6 minutes.
On distingue communément 3 catégories d’exercices intermittents:
1- les intervalles longs (3 à 15 min; à 85-90% de sa capacité aérobie maximale)
2- intervalles moyens (1 à 3 min ; 95-100% de sa capacité aérobie maximale)
3- intervalles courts (10 s à 1 min ; 100-120% de sa capacité aérobie maximale).
Les intérêts et les avantages de l’entraînement intermittent sont nombreux à la fois chez les personnes sans maladies cardiaques (sédentaires et athlètes), les patients avec facteurs de risque cardiovasculaires (obèses, hypertendus, syndrome métabolique) ou les patients cardiaques (coronariens et insuffisants cardiaques). Quelque soit votre condition cardiovasculaire, l’entraînement intermittent est beaucoup plus efficace que l’entraînement continu pour améliorer votre capacité aérobie maximale qui reflète l’état de santé du système pulmonaire, vasculaire, sanguin et musculaire à transporter et utiliser l’oxygène pendant un effort.. L’entraînement intermittent est aussi beaucoup plus efficace que l’entraînement continu pour améliorer la répétition des efforts maximaux retrouvés dans les sports collectifs (soccer, hockey, rugby…) et aussi votre capacité anaérobie (production d’énergie par le muscle sans oxygène).
L’entraînement intermittent entraîne aussi des améliorations de votre système cardiaque (cœur) et vasculaire (artères) plus importantes que l’entraînement en continu. Par exemple, chez le patient hypertendu, ce type d’entraînement se révèle très efficace pour réduire la rigidité des artères et faire baisser la pression artérielle de repos. De la même façon, chez la personne en surpoids ou obèse, l’entraînement intermittent est beaucoup plus efficace pour la perte de poids et de masse grasse au niveau abdominal que l’entraînement continu. Dû à ces nombreux avantages, l’entraînement intermittent a été mis en place depuis 2009 dans les programmes cliniques du Centre ÉPIC, particulièrement pour les personnes cardiaques et obèses.
Les autres avantages de l’exercice intermittent sont que la perception de l’effort (niveau de difficulté perçue par la personne s’entraînant) et plus faible que celle d’un exercice continu, il est aussi responsable d’une meilleure adhérence à l’entraînement (meilleure motivation) et est très apprécié par les personnes l’utilisant car cet entraînement est beaucoup moins monotone que l’entraînement continu.
Dr Mathieu Gayda PH. D.
Docteur en physiologie de l'exercice
Centre ÉPIC de l'Institut de Cardiologie de Montréal



